Alexandre en cave : la naissance d’un rosé, de la vigne au verre

Vie du domaine

Alexandre en cave : la vinification d'un rosé de Beaujolais, de la vigne au verre

Sept heures du matin, la cave sent encore le raisin froid de la veille. On a suivi Alexandre, œnologue du domaine, pendant les quelques heures décisives où un jus presque incolore devient un rosé de Beaujolais.

jus tout juste pressé la teinte d'un rosé du domaine

Alexandre glisse la main sous le pressoir pour vérifier la limpidité du jus qui s'écoule, goutte à goutte, vers la cuve. Dans quelques heures à peine, ce jus deviendra un rosé pâle, fruité, tout en fraîcheur. Entre le grain de Gamay et le verre, il ne se passe que quelques heures — mais ce sont les plus décisives de l'année. Nous l'avons suivi pas à pas, du pressoir à la cuve, pour comprendre, étape par étape, comment se déroule la vinification d'un rosé de Beaujolais.

Alexandre vinifie son Beaujolais rosé gamay
Étape 1 — la vigne, avant tout

« On pense souvent que le rosé se joue en cave. Pour toi, tout commence ailleurs ? »

Exactement, et c'est même là que se joue le plus important. Un rosé raté au pressoir, on peut parfois le rattraper. Un rosé cueilli au mauvais moment, jamais. On cherche un équilibre très précis entre le sucre, qui donnera le fruit, et l'acidité, qui donnera la fraîcheur. Trop tôt, le raisin manque d'arômes. Trop tard, on perd cette tension en bouche qui fait qu'un rosé reste vivant dans le verre. Je goûte les baies tous les jours pendant deux semaines avant la récolte, parfois plusieurs fois par jour. Cette année encore, tout est arrivé plus tôt que prévu — le millésime ne nous laisse jamais le temps de nous ennuyer.

Étape 2 — le pressurage direct

« On entend souvent parler de "pressurage direct" pour un rosé. Concrètement, ça donne quoi dans ta cave ? »

C'est la méthode qu'on a choisie pour nos rosés : les grappes entières partent directement au pressoir, sans macérer au préalable en cuve comme on le ferait pour un rouge. On presse tout doucement, et c'est le jus qui se colore au contact des peaux — quelques minutes suffisent. Je reste devant le pressoir pour surveiller la teinte du jus qui coule : dès qu'elle a la couleur qu'on veut, pâle, presque nacrée, on arrête. C'est un rosé de précision plus que de macération. On ne cherche pas la couleur, on cherche l'équilibre.

Étape 3 — le froid, un allié de tous les instants

« Pourquoi tout va si vite après le pressurage, et pourquoi il fait si froid dans cette pièce ? »

Parce qu'un rosé, c'est fragile. Dès que le jus sort du pressoir, on le refroidit pour le débourbage : on laisse les particules se déposer au fond de la cuve, tranquillement, par le froid plutôt que par des ajouts. Ensuite, la fermentation se fait lente et froide, autour de 15 degrés. C'est ce froid qui protège les arômes les plus délicats — la pêche blanche, les agrumes, les fleurs blanches — qu'une fermentation trop rapide ou trop chaude ferait simplement disparaître. On travaille avec la lenteur, pas contre elle.

Étape 4 — l'assemblage et la mise en bouteille

« Une fois la fermentation terminée, comment sait-on que le rosé est prêt à être mis en bouteille ? »

On goûte, on goûte encore, et on assemble. Chaque cuve a sa propre personnalité, même issue du même cépage — c'est en les mariant qu'on retrouve l'équilibre qu'on cherchait dès la vigne. Une fois l'assemblage validé, on met en bouteille rapidement, souvent dès la fin de l'hiver : un rosé de Beaujolais se boit jeune, sur son fruit, et chaque semaine d'attente en cuve lui fait perdre un peu de sa vivacité. C'est le dernier geste de toute la vinification, mais pas le moindre : il fixe pour de bon ce qu'on a construit depuis les premières vendanges.

Le saviez-vous ? Nos rosés ne passent que quelques minutes en contact avec les peaux du raisin — à peine le temps de dire « Beaujolais » trois fois. C'est cette rapidité qui leur donne leur couleur si pâle et si particulière.

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« J'aime que mes vins soient comme les gens que j'aime : caractériels, sans compromis et chaleureux. »

Qu'est-ce que le pressurage direct en vinification rosé ?

C'est une méthode où les raisins sont pressés immédiatement, sans macération préalable en cuve. Le jus se teinte légèrement au contact des peaux pendant le pressurage, ce qui donne des rosés pâles et fins, typiques du Beaujolais.

Combien de temps dure la vinification d'un rosé en Beaujolais ?

Comptez quelques semaines seulement : le pressurage direct ne dure que quelques minutes, puis la fermentation lente à basse température s'étale sur deux à trois semaines. La mise en bouteille intervient ensuite rapidement, souvent dès la fin de l'hiver, pour préserver toute la fraîcheur du fruit.

Du 17 août au 17 septembre 2026

Envie de voir tout ça en vrai ? Venez pousser la porte de la cave pendant les vinifications, pressoir compris.

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Domaine JP Riviere
Depuis 1682, entre les Pierres Dorées du Beaujolais — vignerons de génération en génération.

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